Quel statut choisir pour vendre en ligne ?

Accueil › Se mettre en règle › Choisir son statut

Par Christophe Millet · Publié le

Pour commencer à vendre en ligne, la micro-entreprise convient dans la très grande majorité des cas. Elle ne coûte rien à créer, elle est active en quinze jours, et tant que vous n’encaissez rien vous ne payez rien. La vraie question n’est pas de trouver le bon statut du premier coup : c’est de savoir à quel moment il cesse de vous convenir.

Cette page donne les chiffres exacts, vérifiés le jour de sa publication, et la marche à suivre pour faire la démarche vous-même.

Ce que vous saurez en sortant de cette page

  • Les quatre statuts qu’on vous proposera, et ce qui les sépare vraiment
  • Ce que la micro-entreprise prélève, calcul complet à l’appui
  • Les deux plafonds que tout le monde confond, et pourquoi ça coûte cher
  • Ce que coûtent réellement les formalités, et ce que vendent les sites spécialisés
  • Où déposer votre dossier, et en combien de temps vous aurez votre numéro
Sommaire
  1. Les quatre statuts, et lequel vous concerne
  2. Ce que la micro-entreprise prélève vraiment
  3. Les deux plafonds qu’on confond tout le temps
  4. Ce que coûte la création, et ce que vendent les sites spécialisés
  5. Où déclarer, et en combien de temps
  6. Quand la micro ne suffit plus

Les quatre statuts, et lequel vous concerne

On vous parlera de quatre choses. Deux d’entre elles ne sont pas des sociétés, les deux autres si.

Des classeurs colorés empilés à côté d’un ordinateur portable
Des classeurs colorés empilés à côté d’un ordinateur portable

La micro-entreprise. Vous êtes seul, en votre nom. Vos cotisations sont un pourcentage fixe de ce que vous encaissez, et votre comptabilité tient dans un registre des recettes.

L’entreprise individuelle au réel. Toujours en votre nom, mais vous déclarez vos vraies dépenses et vous êtes imposé sur votre bénéfice. Il faut tenir une comptabilité.

L’EURL. Une société avec un seul associé. Vous en êtes le gérant, et vous cotisez comme un travailleur indépendant.

La SASU. Une société avec un seul associé également. Vous en êtes le président, et vous cotisez comme un salarié : c’est plus cher, mais mieux protégé.

La micro-entreprise n’est pas une forme juridique séparée : c’est une entreprise individuelle à laquelle on applique un régime simplifié.

Voici ce qui les sépare pour de bon.

  Micro-entreprise EURL ou SASU
Vos cotisations se calculent sur ce que vous encaissez votre bénéfice ou votre rémunération
Déduire ce que vous avez acheté impossible possible
Frais de création 0 € 177 à 195 €
Comptabilité un registre des recettes un bilan annuel

La ligne qui décide de presque tout est la première. En micro-entreprise, vos cotisations sont calculées sur votre chiffre d’affaires, c’est-à-dire sur l’argent qui entre, avant d’avoir payé vos marchandises. La section suivante montre ce que ça donne en euros.

Ce que la micro-entreprise prélève vraiment

Le taux dépend de ce que vous vendez. Trois cas couvrent la quasi-totalité du commerce en ligne.

Des mains annotent au crayon des documents couverts de chiffres
Des mains annotent au crayon des documents couverts de chiffres
Votre activité Cotisations
Achat et revente de marchandises 12,3 %
Prestations de services commerciales ou artisanales 21,2 %
Autres prestations de services 25,6 %

À ce taux s’ajoutent trois petites lignes qu’on oublie toujours : la contribution à la formation professionnelle, la taxe pour votre chambre de commerce, et l’impôt si vous avez choisi de le payer en même temps.

Ce dernier point s’appelle le versement libératoire : au lieu de payer votre impôt sur le revenu l’année suivante, vous le réglez au fil de l’eau, en même temps que vos cotisations. Pour l’achat-revente, c’est 1 % du chiffre d’affaires. L’option se demande à l’Urssaf au moment de la création, ou dans les trois mois qui suivent.

Voici le calcul complet pour une boutique en ligne qui achète et revend, et qui a encaissé 30 000 € sur l’année.

Ligne Montant
Chiffre d’affaires encaissé 30 000,00 €
Cotisations sociales : 30 000 × 12,3 % 3 690,00 €
Impôt en versement libératoire : 30 000 × 1 % 300,00 €
Formation professionnelle : 30 000 × 0,1 % 30,00 €
Chambre de commerce : 30 000 × 0,015 % 4,50 €
Total prélevé : 3 690 + 300 + 30 + 4,50 4 024,50 €

Soit un peu plus de 13 % de ce que vous avez encaissé. Jusque-là, rien de choquant.

Maintenant la partie que personne n’affiche. Vos marchandises, vous les avez achetées. Disons 18 000 € pour ces 30 000 € de ventes.

Le calcul qui compte

  • Ventes : 30 000 €, moins les achats : 18 000 €. Il vous reste 12 000 € de marge.
  • Les 4 024,50 € de prélèvements se retirent de ces 12 000 €, pas des 30 000 €.
  • Il vous reste 7 975,50 € pour l’année. Les prélèvements ont mangé un tiers de votre marge.

C’est le point qui décide de tout en achat-revente. Les cotisations portent sur ce que vous encaissez, pas sur ce que vous gagnez. Plus votre marge est faible, plus la micro-entreprise vous coûte cher en proportion. À marge très mince, une société où l’on déduit ses achats devient plus intéressante, même en payant 195 € pour la créer.

Une bonne nouvelle tout de même, et c’est l’Urssaf qui l’écrit : « 0 € encaissé = 0 € à payer ». Un mois sans vente est un mois sans cotisation. C’est ce qui rend le statut si confortable pour démarrer.

Deux frais s’ajoutent à partir de la deuxième année seulement : la taxe pour la chambre de commerce ci-dessus, et la cotisation foncière des entreprises. Cette dernière est due même si vous travaillez de chez vous, et son montant dépend de votre commune. Vous en êtes dispensé l’année de la création, et exonéré si votre chiffre d’affaires d’il y a deux ans était inférieur à 5 000 €.

Les deux plafonds qu’on confond tout le temps

Il existe deux limites de chiffre d’affaires, elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre, et les confondre est l’erreur la plus fréquente.

La première est le plafond du régime micro. Au-delà, vous quittez le régime simplifié. Depuis le 1er janvier 2026, il est de 203 100 € pour la vente de marchandises et de 83 600 € pour les prestations de services.

La seconde est le seuil de la TVA. Au-delà, vous devez facturer la TVA à vos clients — mais vous restez en micro-entreprise. Il est bien plus bas : 85 000 € en vente de marchandises, 37 500 € en prestations de services.

Votre chiffre d’affaires en vente de marchandises Ce qui s’applique
Jusqu’à 85 000 € l’année précédente Vous ne facturez pas de TVA
Au-delà de 93 500 € en cours d’année Vous facturez la TVA dès le jour du dépassement
Au-delà de 203 100 € sur l’année Vous sortez du régime micro

La ligne du milieu est celle qui surprend. Le code général des impôts est net : quand le plafond de l’année en cours est dépassé, « la franchise cesse de s’appliquer pour les opérations intervenant à compter de la date du dépassement ». Pas au 1er janvier suivant. Le jour même.

Concrètement, une boutique qui fait une très bonne fin d’année peut basculer à la TVA en octobre, sur des prix affichés qui ne la prévoyaient pas. Sur des articles vendus 20 € toutes taxes comprises, c’est environ 3,33 € par vente qui partent à l’État et qui sortent de votre marge.

Un seuil unique de 25 000 € a beaucoup circulé en 2025. Il n’a jamais existé : voté, puis suspendu, puis supprimé par la loi du 3 novembre 2025. Les chiffres ci-dessus sont ceux du texte en vigueur. Le fonctionnement de la TVA est détaillé dans notre page consacrée à la TVA.

Ce que coûte la création, et ce que vendent les sites spécialisés

Créer une micro-entreprise est gratuit. Pas « presque gratuit » : zéro euro. Créer une société coûte quelques dizaines d’euros de greffe et une annonce dans un journal habilité.

Une personne assise devant une table couverte de papiers administratifs
Une personne assise devant une table couverte de papiers administratifs
Ce que vous créez Frais officiels
Micro-entreprise ou entreprise individuelle 0 €
EURL : 53,16 € de greffe + 124 € d’annonce légale 177 €
SASU : 53,16 € de greffe + 142 € d’annonce légale 195 €

Le détail des 53,16 € : 33,83 € pour l’immatriculation de la société, plus 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs, c’est-à-dire la déclaration de qui possède réellement l’entreprise. Les tarifs d’annonce légale sont fixés chaque année par arrêté et s’entendent hors taxes. Ils sont plus élevés à La Réunion et à Mayotte.

Des sites spécialisés — LegalPlace, Legalstart et d’autres — proposent de s’occuper de tout. Ils remplissent le formulaire à votre place, vous fournissent des statuts déjà rédigés et publient l’annonce légale. Leurs honoraires viennent s’ajouter aux frais du tableau ci-dessus, qui sont dus dans tous les cas.

Ce service a une vraie valeur pour une société, où les statuts se rédigent et où une erreur se paie. Il en a beaucoup moins pour une micro-entreprise, dont la création est un formulaire en ligne gratuit qui prend une vingtaine de minutes et ne demande qu’une pièce d’identité.

Faire soi-même ou déléguer

Le faire soi-même

Gratuit pour une micro-entreprise. Vous savez ce que vous avez déclaré, et vous saurez le modifier plus tard. Comptez une vingtaine de minutes et une pièce d’identité.

Passer par un prestataire

Vous payez des honoraires en plus des frais officiels. Utile pour une société, difficile à justifier pour une micro-entreprise. Personne ne choisira le statut à votre place.

Les frais officiels sont dus dans les deux cas. Un prestataire ne les remplace pas, il s’ajoute.

J’ai créé ma société moi-même, sans prestataire. C’était en 2018, et la procédure a entièrement changé depuis — je ne vous décrirai donc pas mes démarches d’alors comme si elles valaient encore. La marche à suivre ci-dessous est celle d’aujourd’hui.

Où déclarer, et en combien de temps

Depuis le 1er janvier 2023, il n’y a plus qu’une seule porte d’entrée. Les anciens centres de formalités ont disparu. Tout passe par le guichet unique, sur le site formalites.entreprises.gouv.fr.

Une main écrit à côté d’un ordinateur portable ouvert
Une main écrit à côté d’un ordinateur portable ouvert

Le parcours tient en cinq étapes.

  1. Vous déclarez votre activité sur le guichet unique : la nature de l’activité, vos informations personnelles, le volet social et fiscal, et une pièce d’identité.
  2. Vous faites vos démarches auprès de l’Urssaf. C’est à ce moment que se demande l’aide à la création d’entreprise, si vous y avez droit.
  3. Votre déclaration part vers les administrations concernées, qui la traitent.
  4. Vous recevez votre numéro Siret, en quinze jours en moyenne. La notification d’affiliation, elle, met de quatre à dix semaines.
  5. Vous commencez : le Siret est indispensable pour facturer. Vous créez ensuite votre espace en ligne pour déclarer votre chiffre d’affaires et payer vos cotisations.

Retenez l’écart entre les deux délais de l’étape 4. Le Siret arrive vite et vous permet de facturer. L’affiliation prend bien plus longtemps, et c’est normal : ce n’est pas un dossier bloqué.

L’Urssaf propose un accompagnement gratuit pendant les neuf premiers mois, appelé « Mes premiers mois avec l’Urssaf ». Peu de créateurs le savent, et il ne coûte rien.

Quand la micro ne suffit plus

Quatre signaux, et aucun n’est une urgence. On change de statut en cours de route, c’est prévu.

  1. Vos achats pèsent lourd. C’est le cas le plus fréquent en e-commerce. Si vos marchandises représentent la moitié ou plus de vos ventes, faites le calcul de la section 2 avec vos vrais chiffres avant de continuer.
  2. Vous approchez des plafonds. 203 100 € en vente, 83 600 € en services. Anticipez, ne subissez pas.
  3. Vous voulez vous associer. Une entreprise individuelle ne se partage pas. Il faut une société.
  4. Vous investissez. Machine, stock important, local : tout cela se déduit dans une société, jamais en micro-entreprise.

Ce qui ne change pas

  • Vous pouvez changer de statut plus tard. Vous n’êtes pas en train de décider pour dix ans.
  • Tant que vous n’encaissez rien, vous ne payez rien.
  • La TVA et le régime micro sont deux choses distinctes : on peut être en micro-entreprise et facturer la TVA.
  • Créer une micro-entreprise reste gratuit, quoi qu’on vous propose.
  • Les obligations d’une boutique en ligne — mentions légales, rétractation, médiateur — s’appliquent quel que soit votre statut.
À retenir

  • Pour démarrer, la micro-entreprise convient presque toujours : gratuite, rapide, sans frais si vous ne vendez pas.
  • Cotisations 2026 : 12,3 % en achat-revente, 21,2 % en services commerciaux, 25,6 % en autres services.
  • Elles se calculent sur ce que vous encaissez, pas sur votre bénéfice. C’est le point décisif si votre marge est faible.
  • Deux plafonds différents : 203 100 € pour rester en micro, 85 000 € avant de facturer la TVA.
  • Dépassement de 93 500 € en cours d’année : la TVA s’applique dès le jour du dépassement.
  • Création : 0 € en micro-entreprise, environ 177 € en EURL, 195 € en SASU.
  • Tout se fait sur le guichet unique. Siret en quinze jours, affiliation en quatre à dix semaines.

Questions fréquentes

Quel statut choisir pour vendre en ligne quand on débute ?

Dans la très grande majorité des cas, la micro-entreprise. Elle est gratuite à créer, ne coûte rien tant que vous n’encaissez rien, et se change plus tard. La réserve principale concerne l’achat-revente à faible marge : les cotisations portant sur le chiffre d’affaires et non sur le bénéfice, une société peut devenir plus avantageuse.

Combien coûte la création d’une micro-entreprise ?

Rien. La déclaration se fait gratuitement sur le guichet unique des formalités des entreprises. Une société coûte 53,16 € de frais de greffe, auxquels s’ajoute l’annonce légale : 124 € pour une EURL, 142 € pour une SASU, hors taxes et hors La Réunion et Mayotte.

À partir de quel montant faut-il facturer la TVA ?

Pour la vente de marchandises, au-delà de 85 000 € de chiffre d’affaires l’année précédente. Si vous dépassez 93 500 € en cours d’année, la TVA s’applique dès le jour du dépassement, et non l’année suivante. Pour les prestations de services, les seuils sont de 37 500 € et 41 250 €.

Les cotisations de la micro-entreprise se calculent-elles sur le bénéfice ?

Non, sur le chiffre d’affaires encaissé, avant déduction de vos achats. C’est la différence la plus coûteuse avec une société. Sur 30 000 € de ventes en achat-revente, les prélèvements atteignent environ 4 025 € même si vos marchandises vous ont coûté 18 000 €.

Faut-il passer par un site spécialisé pour créer son entreprise ?

Ce n’est jamais obligatoire. Pour une société, l’accompagnement se défend, car les statuts se rédigent. Pour une micro-entreprise, la démarche est un formulaire gratuit d’une vingtaine de minutes qui ne demande qu’une pièce d’identité. Dans tous les cas, les honoraires du prestataire s’ajoutent aux frais officiels.

Combien de temps faut-il pour obtenir son numéro Siret ?

Quinze jours en moyenne après la déclaration au guichet unique. La notification d’affiliation arrive plus tard, entre quatre et dix semaines. Le Siret suffit pour commencer à facturer.

Cette page décrit le droit français applicable à la création d’entreprise et au régime de la micro-entreprise. Chiffres vérifiés le 10 septembre 2026 : plafonds, taux et tarifs sont révisés chaque année, le plus souvent au 1er janvier. Cette page ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Sources : Urssaf, portail de l’auto-entrepreneur (seuils de chiffre d’affaires mis à jour le 20 février 2026, taux de cotisations, versement libératoire, étapes de la création) ; article 293 B du code général des impôts, version en vigueur depuis le 1er mars 2025 ; loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025 ; Service Public Entreprendre, coût des formalités de création d’une société et tarifs 2026 des annonces légales.

À lire ensuite

✕

Des classeurs colorés empilés à côté d’un ordinateur portable

✕

Des mains annotent au crayon des documents couverts de chiffres

✕

Une personne assise devant une table couverte de papiers administratifs

✕

Une main écrit à côté d’un ordinateur portable ouvert

Deux personnes annotent un carton dans un atelier d'expédition

Vous connaissez quelqu’un qui veut se lancer ?

La formation est gratuite, et elle le restera. Le service le plus utile à rendre à quelqu’un qui hésite, c’est de lui envoyer le lien.

Tout le site, en un coup d’œil

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut